©2017 - La poisse existe-t-elle vraiment ? MPMACM

Journalistes

 

Marion Colangelo, Prescilia Correnti, Manon Drouet, Alexia Malige, Célia Papaïx et Marie Thouvenel. 

 

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ENQUÊTE

MALCHANCE :

mythe ou réalité ?

POISSE

"Hasard malheureux, situation défavorable, issue malheureuse"

Définition !
VOYANTS-MARABOUTEURS 
Par ici la monnaie ! #rendslargent

"Je peux soigner tous vos problèmes." Sur le pare-brise. Dans la boite aux lettres. Dans des spams. La publicité pour ce genre de pratique est partout. Là aussi, une économie s'est créée : nombreux sont ceux qui sautent le pas. Surtout, nombreux sont ceux qui pratiquent cette médecine alternative (placebo).

"Marabout Nice", 355 000 résultats sur Google. Impresionnant. En peu de temps, ce genre de pratique a multiplié les experts en amour et sciences occultes et les supports. Désormais, cartes de tarot cotoient dés magique, baguette de désenvoûtement ou de démagnétisation et pendule magique. Peut-être que la culture a augmenté la croyance populaire. Les soeurs Halliwell et autres Harry Potter sont à la mode. Alors on se dit "pourquoi pas". 

A Nice, en moyenne, 150 euros pour se faire "désensorceler" et les services proposés sont parfois poêlant.  "Redresser les sexes tordus", "Réparation d'ordinateur par télépathie", "coiffage à la mode Tektonik". Drôle, mais vendeur, comme le nom des marabouts. Monsieur Bibi, Docteur Karimou, Maitre Piccolo ou encore Moussa Magassa. Des noms de sorciers qui iraient, on n'en doute pas, chez Serpentard. 

CHANCEUX ?

ÊTES-VOUS
MODE
L'autre facette de la chance

Ajouté aux jeux d'argent et aux voyants, l'économie de la poisse a un autre aspect : celui de la mode. Les marques multiplient les articles estampillés "chance", "poisse" ou "malchance".

Porter un t-shirt ou une casquette où sont présentes les lettres CHANCE, le porte-bonheur version 2017, effet de mode ou moyen de s'auto-persuader ?

N'est-ce pas, finalement, le moyen de provoquer la chance ou, au contraire, la poisse ?

24 €

Affirmer que l'on a de la chance ou se convaincre qu'on en a ? C'est le dilemme que suscite ce t-shirt. 

Quoi qu'il en soit, vendu 24 euros, une chose est sûre : les créateurs sont chanceux... Ou plutôt business Warriors : ils ont compris qu'avec la peur des gens, ils pourraient créer une économie parallèle. Chapeau ! 

25 €

Se lever du mauvais pied ? Impossible, désormais, ou presque. Oui, la chance n'arrive pas grâce à des chaussures. Et la force des vendeurs, c'est de faire croire aux clients que si. Très malin tout de même de reprendre des éléments de superstition (trèfles à quatre feuilles) pour en faire son fond de commerce. 

90 €

Les bijoutiers aussi se font des co(u)lliers en or grâce à la chance. 

Avec ce concept abstrait, ils arrivent à avoir quelque chose d bien concret : des beaux billets verts et même pas en feuille de trèfle ! 

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LE TRÈFLE

Une pièce indémodable, qui réconforte et qui porte bonheur. 

talisman

La mode vestimentaire...

et corporelle

LE MARCHÉ

De la poisse

On ne peut pas réduire la poisse et la chance à un simple concept abstrait, parce que ces notions sont ancrées dans la réalité... Et rapportent beaucoup d'argent. 

LE LOTO (FDJ)

en chiffres

17 millions 
C'est le nombre de personnes ayant joué au moins une fois au Loto en 2015.

A l'instar des magasins bio ou sans gluten qui ont sauté sur une industrie florissante, la Française des Jeux, créée en 1976, a tout compris. Elle s'est greffée sur une peur, un malêtre de la population. Si son mode de fonctionnement est critiquable (prendre de l'argent aux gens en leur faisant espérer une vie différente) il est vrai que l'industrie autour de la poisse marche du tonnerre : le chiffre d'affaires est passé de 6,5 milliards en 2000 à 13,5 milliards en 2015. La chance (et par extension la malchance) ont donc fait émerger des jeux de hasard. Le loto, par exemple. On joue de l'argent sur des chiffres qui sont supposés nous rapporter un pactole. Certains dépensent, parfois, plus de 10 euros par semaine dans des jeux de grattage, par exemple. 10 x 52 = 520/an. Sur une vie, pour ne gagner que quelques euros ? En 45 ans, avec 10 euros par semaine, un individu peut dépenser 23 400 euros, presque un an de salaire. 

Et cette économie de la poisse va encore plus loin, avec l'arrivée des jackpots spéciaux, des vendredi 13, par exemple. A partir d'un symbole de superstition où l'on a "soit la poisse, soit de la chance", les grands groupes ont réussi à créer une économie en leur faveur. Brillant. 

Le slogan du Loto, aussi, parlons-en : 100% des gagnants ont tenté leur chance. Une utilisation habile du Français pour cacher le fait que nous n'avons qu'une chance sur dix-neuf millions de gagner le jackpot. Pour aller plus loin, vous trouverez un résumé du LOTO en chiffres dans le diaporama ci-dessous ! 

Alors, le loto, chance de changer de vie ou arnarque déguisée ?

DOSSIER

Les tatoueurs se réjouissent, eux aussi, de l'importance qu'a pris le concept de la malchance dans nos vies. Pour finir cette saga sur l'économie de la poisse, quoi de mieux que quelques preuves de cet argument ? 

Porte-bonheur qui ne nous quittent jamais, les tatouages sont indémodables.

Fer à cheval, trèfle ou coccinelle, tout est bon pour être veinard ! 

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